Cliché pris par un paparazzi de Justin Bieber

Inconnu, sans titre, publiée par New York Daily, photographie, 2015, version censurée

Si l’auteur reste inconnu, l’homme sur cette photo l’est à l’international. C’est d’ailleurs sa renommée qui fait valoir au monde entier l’utilité de voir son intimité. Si la qualité de cette photo en tant qu’oeuvre peut paraître ambiguë, elle relève pourtant d’une époque et d’un progrès technique certain. Justin Bieber est un homme idolâtré par des millions de fans, dans le monde entier. Connu et reconnu pour ses chansons, c’est de sa vie privée dont on s’intéresse le plus. Il ne s’agit pas là de mettre la faute sur une foule de gens, ni même de pointer du doigt une faute. Il s’agit d’analyser les raisons d’une telle intrusion, en toute objectivité.

Le diptyque de Marilyn Monroe

Diptyque Marilyn par Andy Warhol en 1962 

Du cinéma hollywoodien des années 1950, Marilyn Monroe en était une star puissamment idolâtrée. Sûrement trop d’ailleurs, sa vie privée était intensément exposée au public. Elle est sûrement la star la plus connue de cette période, si bien qu’elle est entrée dans la culture populaire. La preuve ici puisqu’Andy Warhol utilise 50 fois la même photo d’elle dans son œuvre de pop art. Le visage de Marilyne Monroe est d’ailleurs devenu symbolique : aujourd’hui il nous suffit d’un dessin de sa chevelure et de son grain de beauté pour comprendre qu’il s’agit d’elle. Ce diptyque est l’une des productions les plus connues de son auteur, et c’est d’ailleurs la première œuvre à laquelle nous avons pensé en choisissant notre sujet. De par le jeu des couleurs, le découpage en colonnes,cette œuvre peut rappeler les vitraux à caractères religieux que l’on retrouve régulièrement dans les églises catholiques.

L’Annonciation à Marie

L’Annonciation à Marie, par Botticelli, 1485-1492

Figure emblématique de la religion catholique, l’Annonciation à Marie est le moment où l’ange Gabriel descend sur Terre pour annoncer à Marie qu’elle porte l’immaculée conception. Sur cette œuvre sont représentés des saints mais aucun dieux. La représentation de la scène est ici purement symbolique. On y trouve nulle explication écrite, et l’œuvre n’est pas non plus un diptyque ni un triptyque, on comprend la scène en seulement une image.

Tatouage de Johnny Hallyday

Tatouage de Johnny Hallyday, réalisé par Manu Badet en juin 2018
 https://www.instagram.com/p/BkCwCz9H3ID/?utm_source=ig_share_sheet&igshid=1hy8avrx9x3xr

Intéressons nous maintenant à une idole totalement française. Celui qui fut longtemps appelé «l’idole des jeunes» : Johnny Hallyday. Ce lien nous dirige vers la page instagram d’un tatoueur professionnel, Manu Badet. Sur sa page on peut voir à plusieurs reprises des tatouages de « l’idole des jeunes », et le tatouage en lien a été réalisé en juin 2018, après la mort du chanteur. Ici idolâtrer pousse jusqu’à se marquer dans la peau, de manière indélébile, son idole. C’est une façon décisive de l’avoir avec nous au quotidien. Cette action est relativement récente car dans la culture occidentale, la religion chrétienne, omniprésente,  interdisant d’encrer quoi que ce soit sur son corps. On peut également voir dans la description des hashtag comprenant le nom de l’artiste tatoué : une manière pour la communauté de se retrouver et de partager d’autres productions concernant leur idole sur ce réseau.

La Croix Gammée

Reproduction numérique du drapeau nazi 

Considéré comme le « symbole du combat pour la victoire de l’Aryen » au début du XXème siècle par Hitler, la croix gammée fut un symbole reconnaissable et surtout associé à la période nazie et représentant l’identité et la fierté des allemands nationalistes. Représenté essentiellement sur les brassards des officiers du IIIème Reich et sur des drapeaux, chaque couleur et motif a son explication : le blanc représente le nationalisme, le rouge le socialisme, et la croix gammée la « race aryenne ».

Ce symbole nous a intéressées car il a été le point d’identification et de reconnaissance pour beaucoup de personnes suivant le courant de pensée nazie. La diffusion de celui-ci grâce à la propagande a mené une association directe avec son recréateur et même si celui-ci parait simple, créait l’union, le regroupement et la coalition de ce groupe.

l’Adoration du Veau d’Or

POUSSIN Nicolas,L’adoration du veau d’or, 1633, photo d’une peinture, Huile sur toile sur châssis, 153,4 x 211,8 cm, National Gallery, Londres

Cette œuvre met en scène des personnes agenouillées face à un homme vêtu en blanc et d’autres dansant et célébrant la sculpture d’un veau faite en or, posée sur un piédestal. D’après la bible, c’est alors que Moise faisait l’ascension du mont Sinaï pour recevoir les tables de la Loi, que les Hébreux la construisirent avec des bijoux en or fondu ; alors que le troisième commandement l’interdisait « Tu n’auras pas d’autre Dieu que moi. Tu ne te feras pas d’idole ni de représentation ». 

Cette œuvre nous a intéressées car elle représente une scène d’idolâtrie. C’est aussi une façon de représenter une erreur et ainsi permettre aux chrétiens de se souvenir pour éviter que cela se reproduise.

Statut Chryséléphantine de Zeus à Olympie

Gravure tirée de Le Jupiter olympien ou l’art de la sculpture antique, par Quatremère de Quincy, représentant : Phidias, Statue chryséléphantine de Zeus à Olympie, technique chryséléphantine, environ douze mètres de haut, détruite en 461,

La particularité de cette oeuvre est qu’elle fut détruite en 436 av J.C, à une époque où aucune photographie n’aurait pu être prise pour conserver une trace de son apparence. Tout ce que l’on possède de cette statut est en réalité une description précise faite par Pausanias. Il nous apprends qu’elle fait douze mètres, et montre Zeus, assis sur son trône, avec sous lui, sur le socle, les douze dieux de l’Olympe. Nous vous la montrons ici, sous la forme d’une gravure. Elle était connue et reconnue par le peuple grec antique. Considérée comme l’une des Sept Merveilles du monde dans l’Antiquité, c’est une partie majeure de l’idolâtrie grecque. Elle témoigne d’une technique, d’une grandeur propre à cette époque, et l’inexactitude de son apparence ne rend cette oeuvre que plus intéressante à analyser.

Mihrab de Qila-i-Kuhna

Mihrab de Qila-i-Kuhna, à Delhi

Les Mihrab ont été introduits dans les mosquées durant la dynastie des Omeyyades. Se situant sur le mur de la Qibla, c’est-à-dire le mur vers lesquels se tournent les croyants pour prier, il est directement inspiré des niches romaines accueillant les statuts des dieux. Les Mihrab sont décorés mais vides. Il n’y a pas de statuts figurants Dieu ou le prophète. Ce décors géométrique est une matérialisation du prophète, sans le représenter. L’un des cinq Mihrab de Qila-i-Kuhna est un exemple comme plein d’autres — il est pourtant le seul dont nous avons réussi à trouver une photo de bonne qualité, montrant la splendeur de l’architecture ainsi que ses détails.